Jean-Yves Conrad
Jean-Yves Conrad : un destin roumain

Jean-Yves Conrad est né le 13 février 1955 à Nancy, la capitale des Ducs de Lorraine célèbre dans le
monde entier pour sa place Stanislas.
Peu après sa naissance, ses parents s’établissent à Dieuze (Moselle), la petite cité aux 4 académiciens,
capitale du Saulnois et du pays des étangs. Il y passe son enfance et y accomplira l’ensemble de ses
études primaires et secondaires. Le destin a frappé. Le 7 juillet 1920, la reine Marie de Roumanie,
accompagnée du général Henri Matthias Berthelot qui a réorganisé l’armée roumaine, a inauguré dans
la petite cité mosellane le plus grand cimetière roumain d’Europe occidentale, avec 947 tombes
dénombrées.
Passionné de lecture et d’écriture depuis sa prime enfance, Jean-Yves Conrad effectue des études de
documentation dans sa ville natale et accomplit son service national en Allemagne. Le 2 mai 1978, il
entre comme documentaliste à Electricité de France. 3 ans plus tard, il réussit un concours pour intégrer l’
école d’ingénieurs interne d’Electricité de France et de Gaz de France. Avant de rejoindre cette école, sur
les conseils de sa collègue roumaine qui le remplace dans son entreprise, il se rend en Roumanie. Le
15 août 1981, le destin frappe à nouveau sur la place principale de Constanţa, au bord de la mer Noire : il
découvre la statue d’Ovide, son poète préféré de ses cours de latin ! Désormais, sa vie sera liée à ce
pays, „îlot latin dans un monde slave”. Dès son retour en France, il se met à apprendre la langue
roumaine et commence à dévorer des livres sur la Roumanie, en français, en allemand, en anglais, mais
aussi, progressivement, en roumain. Il se rend souvent dans ce pays qu’il a adopté comme le sien,
partageant les difficultés de son peuple. Malgré les avatars de la vie, il reste toujours en contact avec les
habitants de l’ancienne Dacie. Le 15 juin 1998, à l’occasion de la Coupe du Monde de football, il organise
une journée culturelle roumaine sur le plus important site de son entreprise inauguré peu avant à
proximité du Stade de France, à St-Denis, en banlieue parisienne. En ce jour anniversaire du décès (110
ans) du poète national des Roumains, Mihai Eminescu, a lieu un match Roumanie-Colombie, à Lyon,
capitale des Gaules. Pour cette manifestation, Son Excellence Monsieur l’ambassadeur étant retenu à
Lyon, l’ambassade de Roumanie a délégué un consul (Madame Lia-Maria Andreiţǎ), venue en
compagnie de son époux, le journaliste Ion Andreiţǎ. Le destin a frappé à nouveau. Encouragé par Ion,
qui a décelé ses capacités scripturales, il fonde une revue culturelle : „La Lettre de Roumanie”. Pour
accompagner sa démarche, il imagine, dans une nuit d’écriture, une devise : „La Roumanie ne m’
appartient pas, mais j’appartiens à la Roumanie”.
Cette devise ne va plus le quitter et va l’encourager à s’imprégner encore davantage de la culture de „son”
pays. Le 19 janvier 2000, à l’occasion du 10e anniversaire de la fondation du 1er quotidien particulier né
après la révolution roumaine, „Curierul de Vâlcea”, il envoie un message de félicitations à son directeur,
Ioan Barbu. Le destin a frappé pour la 4e fois ! Il rend visite à l’équipe rédactionnelle du journal et, appuyé
par Ion Andreiţǎ, Ioan Barbu, qui vient d’écrire un petit livre „France - Km. 0” sur ses entretiens avec des
personnalités roumaines établies en France, lui demande d’écrire un deuxième volume bilingue sur son
expérience roumaine de la période 1981-1989. Ainsi naît „Roumanie – Km. 0”, la traduction roumaine
étant principalement due à Ion Andreiţǎ et Ioan Barbu. Un écrivain est né !
Jean-Yves Conrad transmet de plus en plus d’articles culturels au journal „Curierul de Vâlcea”, en langue
roumaine, celle-ci étant encore hésitante. Il fait le pari, pour progresser dans cette langue, de traduire le
livre « Traditions de la pensée politico-juridique roumaine » de son amie Lia-Maria Andreiţǎ. Son „ enfant”
naît au bout de 9 mois, publié aux éditions „Antim Ivireanul” début 2003. Ce n’est pas seulement une
simple traduction, mais surtout une édition complétée de nombreuses notes pour un public francophone.
Jean-Yves Conrad a pris goût à la traduction. Il apporte des éléments en langue française à l’ouvrage de
son éditeur et ami, Ioan Barbu, auteur de „ Franţa ortodoxǎ”. Il a surtout en tête une idée qui a germé lors
de ses promenades parisiennes en compagnie de Ion Andreiţǎ : mettre en valeur la culture roumaine à
Paris ! Les grands noms, bien sûr ! Perfectionniste, il se prend au jeu. A la Bibliothèque Nationale et dans
40 bibliothèques spécialisées de la ville des Lumières, il rédige des centaines de notices de lecture,
jusqu’à l’épuisement. En un an, il lit plus de 400 livres et plus de 100.000 pages de textes, souhaitant tout
vérifier. Il parcourt plus de 300 kilomètres à pied à Paris et dans les environs. En juin 2003, le destin
frappe à nouveau : il présente son manuscrit à Petre Rǎileanu, journaliste à la section roumaine de
Radio France International et spécialiste de l’avant-garde roumaine. Le lendemain, le manuscrit est
remis à l’académicien et physicien Basarab Nicolescu, qui l’emporte avec lui à un congrès au Canada. A
son retour, début juillet, il contacte Jean-Yves Conrad et lui dit : „Je dois voir demain mon éditeur dans le
cadre d’une collection que je crée sur les « Roumains de Paris ». Je souhaite que votre ouvrage inaugure
la collection”. Serge Cagnolari, directeur-fondateur des éditions Oxus, donne le feu vert et, le 19 novembre
2003, le livre „Roumanie, capitale … Paris” est remis au président de la République Française et au
président de la République Roumaine, en avant-première, lors de la visite d’État à Paris de ce dernier.
Dans l'ouvrage, ce sont plus de 1.500 noms roumains de tous les domaines de la culture qui sont mis
en valeur dans 15 parcours à travers la capitale et en banlieue. Le 20 janvier 2004, Jean-Yves Conrad est
élevé au grade d’Officier du mérite culturel roumain (section littérature) au palais présidentiel de
Cotroceni, à Bucarest. 8 autres ouvrages sont déjà parus dans la collection „Les Roumains de Paris”
(www.oxusedition.com).
En 2005, outre la traduction de l’ouvrage que vous avez entre les mains, Jean-Yves Conrad a coordonné
la version française des écrits essentiels de l’écrivain Panait Istrati, aux éditions Fortuna. Il termine aussi,
en compagnie de son épouse Olympia, la mise en forme d’un „Guide de conversation – Roumain
express” qui va paraître aux éditions du Dauphin.
Jean-Yves Conrad est profondément attaché à Electricité de France et à Gaz de France, où il travaille
depuis 27 ans.
Jean-Yves Conrad , intre doi "corifei" - Dimitrie
Tepeneag si Virgil Tanase

Sinaia, iulie 2006